L’agoraphobie n’a pas une cause unique : elle naît le plus souvent d’un mélange de terrain familial, de sensibilité au stress et d’expériences vécues, en particulier une première crise d’angoisse dans un lieu dont on n’a pas pu sortir. La personne se met ensuite à éviter ce lieu, puis d’autres, et l’évitement entretient la peur. Le Manuel MSD estime qu’elle touche environ 1 à 2 % de la population sur une année, davantage de femmes que d’hommes.
L’agoraphobie se définit comme une peur intense de se trouver dans des espaces ouverts ou dans une situation dont il serait difficile de s’échapper ou où l’on ne pourrait pas recevoir d’aide en cas de malaise. Il n’existe pas un traitement unique qui convienne à tous les cas.
Le traitement de l’agoraphobie peut associer une psychothérapie, des médicaments ou les deux. La thérapie aide les personnes concernées à identifier et à modifier les pensées et les comportements qui entretiennent la peur. Voici plus de détails pour comprendre l’agoraphobie.
Qu’est ce qu’une phobie ?
Une phobie est une affection anxieuse caractérisée par une peur intense et irrationnelle d’une situation, d’un objet ou d’une activité. Les personnes atteintes de phobies ressentent une peur intense et souvent handicapante face à ce qu’elles craignent. La plupart des gens ont peur de quelque chose, comme les araignées ou les hauteurs.
Les phobies vont pourtant bien au-delà de cette appréhension ordinaire : ce sont des peurs exagérées qui interfèrent avec la vie quotidienne. Les personnes concernées redoutent des situations ou des objets qui ne représentent pas un danger réel, et la peur est si forte qu’elles font tout pour les éviter.
Les causes exactes des phobies restent mal connues ; elles combinent probablement une part familiale et des facteurs liés à l’environnement et à l’histoire de chacun. Une phobie se développe souvent après une expérience vécue comme traumatisante, et les phobies sont plus fréquentes dans certaines familles, sans être pour autant transmises de façon systématique.
La définition de l’agoraphobie
Les classifications médicales actuelles ne rangent plus l’agoraphobie parmi les phobies spécifiques (araignées, hauteurs) : c’est un trouble anxieux à part entière. Il s’agit d’une peur intense et persistante des situations dans lesquelles il est difficile de s’échapper ou de demander de l’aide en cas de crise. Les situations redoutées le plus souvent sont :
- sortir seul de chez soi ;
- les transports en commun, comme le bus, le train ou l’avion ;
- les espaces ouverts, comme les parkings, les places ou les ponts ;
- les espaces clos, comme les magasins, les ascenseurs ou les tunnels ;
- la foule ou le fait de faire la queue, par exemple dans un supermarché.
En raison de cette peur intense, les agoraphobes ont tendance à éviter les lieux et les situations qu’ils craignent. Certains sont tellement limités par leur peur qu’ils ne quittent pratiquement plus leur domicile, ou seulement accompagnés d’une personne de confiance.
Les facteurs qui peuvent contribuer à l’apparition de l’agoraphobie sont biologiques (terrain génétique, fonctionnement du système nerveux face au stress), psychologiques (pensées catastrophiques, hypervigilance face aux sensations du corps) et sociaux (isolement, événements de vie difficiles).
L’agoraphobie est fréquemment associée au trouble panique : les crises d’angoisse répétées font redouter les lieux où elles sont survenues. Elle peut aussi accompagner d’autres troubles, comme le trouble de stress post-traumatique ou la dépression.
Les symptômes de l’agoraphobie, quand la personne est confrontée à la situation redoutée, peuvent inclure :
- des palpitations cardiaques
- une transpiration
- des tremblements
- des difficultés respiratoires
- des nausées
- des maux d’estomac
La plupart des personnes atteintes d’agoraphobie ont également des pensées intrusives et anxieuses concernant leur santé et leur sécurité.
L’agoraphobie peut avoir un impact important sur la qualité de vie : les personnes touchées ont souvent du mal à travailler, à étudier ou à mener une vie sociale active. Il existe heureusement des traitements efficaces, au premier rang desquels la thérapie cognitivo-comportementale et l’exposition progressive.